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Manuel de la photo ratée (3)

3 Août

Notre série de l’été, leçon 3

1) Regardez-moi dans les yeux

De l’intérêt de porter un wonderbra en toutes situations

En cas de public particulier, ne pas hésiter à s’adapter aux circonstances.


2) La déconcentration

Principal danger qui guette le professionnel : la déconcentration. Des minutes d’attente pour fixer sur la pellicule un instant de bonheur. Et là, l’évènement imprévu.

Dur pour un photographe passionné de botanique de se concentrer sur une scène de mariage traditionnel. D’autant plus que ces Geranium angustifolium Gilibert précoces sont vraiment magnifiques.

3) L’effet camouflage

Attention. Ce qui peut-être du meilleur effet en prêt-à-porter n’est pas toujours recommandé en photographie

4) L’effet Flash

Nous avons déjà parlé de l’effet flash précédemment.

Ici, l’effet flash dénonce. Il dénonce l’homme bionique, le mutant intrus, le livrant pour sûr, à une mort certaine à la fin de la réception.

5) L’effet Photoshop

Nous passons ici à un autre stade de maîtrise de la photo

Ici le photographe est appliqué, recadre et retouche ses photos
Il semble même qu’il vient de découvrir la fonction « augmenter les teintes vives » du logiciel

Lunettes de soleil indispensables.

6) Le grand jeu de l’été

Un intrus se cache sur cette photo. Saurez-vous le retrouver ?

7) Pour le plaisir

Ceci est un silure

** Toutes nos félicitations à Un Oeil pour avoir répondu correctement au grand jeu de l’été.Il reçoit un appareil jetable Kodak 24 poses.

Le prix du jury est quant à lui attribué à Ge pour sa réponse qui vient du cœur.Nous avons le plaisir de lui offrir un Bescherelle illustré **


*** Les leçons 1 et 2 pour les retardataires ***


Si Wonderba tient à me faire parvenir des exemplaires pour une séance test,ne pas hésiter à me contacter par mail

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Gonzo charrues

2 Août

Comme certains le savent déjà, je suis secrétaire de rédaction cet été. Un job très sympa, des horaires cools, des collègues fantastiques et l’occasion de récolter de jolies perles. Oui mais voilà, quand je vois que certains rencontrent des champions du monde, je piaffe derrière mon écran d’ordinateur. Alors le dimanche, quand on me propose un sujet, je saute sur l’occasion,

« C’est toi qui couvre le concours de labour de Vendenheim ? (silence gêné – rires étouffés) Ah bin tu vas voir, c’est … Sympathique. »

Me voilà donc partie, dimanche matin (après un créneau magnifiquement négocié dans la cour des DNA) pour Vendenheim, son concours de labour et ses jeunes agriculteurs, avec ma copine Laure (mon arme fatale) sous le bras.

Sur place, des presses, des bennes, des arracheuses de pomme de terre, à perte de vue (des bœufs aussi, mais on s’approche pas trop, ça sent mauvais). Il y a même la réplique exacte du tracteur qui tire la Papamobile à Rome. Deux exemplaires existent à travers le monde. Un au Vatican et un… à Vendenheim !

Pour se remettre de nos émotions, direction la buvette.

« Vous avez du café ?

– Ah non. On a du picon par contre. »

(il est midi ndrl)

Bon. De toutes façons, c’est l’heure du concours. Les jeunes agriculteurs, des ados à peine sortis de la puberté et intrigués par la présence de deux minettes aux lunettes de soleil XXL nous proposent de grimper dans leur charrue, direction les champs de compétition.

Hunter S Thompson, vous connaissez ? Moi oui. Et le gonzo journalisme, j’adhère. Ni une ni deux, je saute dans le tracteur (je tiens cependant à préciser que c’est moins confortable qu’une Harley). Arrivées à bon port (ou à bon pré), nous observons avec passion le tracé des sillons tandis que le jury m’explique avec verve les critères de sélection (un tracé d’ouverture droit, des végétaux bien recouverts, une profondeur régulière…).

Mais Laure et moi, on n’a pas froid aux yeux. Nous ce qu’on veut, c’est conduire un tracteur. Et après une lutte acharnée (et dans la boue) de tous les participants, c’est finalement Alain, membre du jury, qui remporte la mise et nous fait monter sur son gros engin rutilant.

Après les explications préliminaires, il me laisse m’emparer du levier de vitesse. Je fais corps avec mon sujet. La preuve.

Laure est encore plus douée. Arrivée au volant, elle se gare en épi (de blé) entre les bottes de foin.

Chapeau (de paille).

Je crois qu’on est prêtes pour le casting de l’amour est dans le pré.

« A cause des piscines on s’engueule avec tout le monde »

30 Juil

En exclusivité pour PQRmonamour, la version non censurée de l’interview de Jacques Dutronc, parue dans Ouest France,  jeudi 29 juillet

Jacques Dutronc, uncensored

Après 17 ans d’absence, Jacques Dutronc foule de nouveau les planches des salles de concert. Il sera ce soir sur la scène de Poupet à Saint-Malo-du-bois. Il s’est confié avec détente et beaucoup d’humour. Entretien.


Pourquoi avoir décidé de reprendre la route en début d’année ?

Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je me suis fait réopérer de la jambe. Passer trois mois dans une chambre à ne rien faire m’a redonné envie de voir du monde. De plus mon fils (Thomas Dutronc N.D.L.R.) me disait qu’à chacun de ses concerts, on lui demandait à quel moment j’allais refaire une tournée. Que tout le monde voulait me voir. Si l’on ajoute à cela le fait que le dernier film d’Alain Corneau (Le deuxième souffle N.D.L.R.) dans lequel je joue, n’a pas du tout marché, je voulais prendre ma revanche. Et puis lorsque l’on fait du cinéma on ne voit pas le public. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de ça. Ce n’est pas un appel de Bernadette Soubirous (Celle qui à qui vu la vierge à Lourdes N.D.L.R.), qui a été le déclencheur en tout cas, mais une accumulation de petites choses.

Après 17 ans d’absence, vous êtes sur le point d’achever ce tour de France et de Navarre. Êtes-vous satisfait de cette tournée ?

Oui vraiment, c’était très positif. Pendant six mois je n’ai rien fumé. Plus la tournée avance et plus je m’accorde un cigare après chaque concert. Et puis un verre de vin, qui d’ailleurs est devenu deux, puis trois verres de vin. J’ai quelques autres dates en septembre et je finis par la fête de l’Huma. Je pense que je vais donner tous les bénéfices de ma tournée au parti avant de me casser [rires]. En tout cas, j’espère faire de meilleurs résultats que l’équipe de France. Nous sommes presque pareils. Eux, ils ont des top-modèles et moi j’ai des potes modèles.

Cela vous a-t-il donné envie de recommencer ?

En tout cas si je faisais quelque chose ce ne serait pas dans 17 ans. Ou alors avec un déambulateur ou en direct du Père Lachaise.
Avant de commencer cette tournée vous excluiiez de faire un nouvel album. Avez-vous changé d’avis ?
Un peu en effet. Le fait de jouer amène d’autres idées. Musicalement parlant j’entends. Mon verbe évolue. Aujourd’hui j’ai deux bonnes idées mais ce n’est pas suffisant. Il faut être correct avec le public. On ne fait pas un album avec deux bonnes chansons, bien que beaucoup d’artistes fassent ça. Moi je ne veux faire que des chansons de première classe.

Vos anciennes chansons sont-elles toujours d’actualité ?

Hélas pour les gens, je crois que oui. Ça me rappelle Tout va très bien Mme le Marquise pendant que les gens galèrent dans leur vie. Et moi et moi, je ne vous en parle même pas. Les Français sont de plus en plus individualistes. Ce sont des idées qui resteront toujours. C’est comme l’amour, enfin, je crois… Je pense que les gens n’ont pas changé. Contrairement à moi, qui ai un peu évolué. Je me sens un peu plus concerné.

Connaissez-vous ce petit festival qu’est Poupet ?

Non, en revanche je préfère les petites dates. Au moins, quand c’est plus intimiste, on joue au ping-pong avec les gens. Il y a beaucoup plus de complicité. Lorsque c’est trop gros comme aux Vieilles Charrues il faut y aller direct. Cela arrive même que les gens n’entendent pas ce que l’on chante et reprennent une autre chanson. Enfin, tant qu’ils chantent l’une des miennes…

Et la Vendée, vous connaissez ?

Je connais le Marais Poitevin, j’ai tourné là-bas pendant près de quatre mois. C’est vraiment très joli comme coin. C’est encore préservé ?

Oui, plus un moins, c’est un parc naturel régional…

Ouais mais le pire c’est que les Anglais achètent tout, ils font chier, les enfoirés. En plus ils louent tout de suite après. Ça ne sert à rien.

Avez-vous toujours la même émotion lorsque le public reprend vos chansons ?

Je ne suis pas blasé. Je trouve que ça fait un peu religieux, on dirait une procession de là ou je suis. En même temps, le public ne connaît pas toutes mes chansons. Je préférerais, cela m’éviterait d’avoir à bosser. [Rires]

Avez-vous le trac avant d’entrer en scène ?

Non ! Je sais que cela fait chier les gens, mais je ne stresse pas. Je dois juste gérer sur scène, c’est tout. À moi de bien porter le costard ! Mais un vieux loup comme moi ne stresse plus…

La chanson dont vous êtes le plus fier ?

L’opportuniste. C’est surtout parce que c’est celle que je préfère chanter. Mais j’aime bien la polémique qu’il y a eu avec La fille du père Noël. Ma chanson est sortie en 1966 et The Jean Genie de David Bowie sortie en 1972. Le fait que les deux chansons se ressemblent énormément m’a fait beaucoup rire.

Quel genre de musique écoutez-vous ?

J’écoute surtout du jazz. Johnny Cash aussi, depuis longtemps. Quant à mes chats ils écoutent Eric Clapton. Une fois, je me souviens que je leur ai mis du rap. Seuls ceux qui sont noirs ont apprécié. [Rires] Ah oui, autre anecdote ! Mes chats sont aussi forts que Paul le Poulpe. Lors du deuxième tour des élections présidentielles, je leur mettais deux gamelles différentes avec la photo de chaque candidats. Ils ont toujours choisi celle du futur gagnant. Je le faisais pour Chirac mais pas pour Sarkozy.

Vous avez l’air de beaucoup aimer vos chats. Combien en avez-vous ?

Je n’en ai plus que 30. En liberté, ils vivent moins longtemps. Mes préférés sont partis mais ils ont des remplaçants. Je n’aime pas tuer les bestioles, j’aime les chats, cela me m’évite de stresser. Sans eux, je serais emmerdé. Mais il ne faut pas croire que je me replie sur les chats comme si je les trouvais plus sympas que les hommes [Rires]. Je préfère boire un coup avec un bon pote. D’ailleurs, les bons potes ça se fait rare ! Je trouve…

Quel est votre plus grand rêve ?

J’aimerais bien faire une grande croisière sur un bateau. Les gens ont l’air d’être toujours au bar. Ca fait vieux con mais j’aime ça.

Cela paraît réalisable comme rêve…

Ouais je sais mais ils vont dire qu’on n’a pas le droit de fumer des cigares. Alors j’imagine bien que si je donne un petit billet j’aurais un passe-droit, mais je veux être comme tout le monde. Alors tant pis, pour moi, pas de croisière. Sinon j’ai eu un bateau, mais c’est comme les piscines. À cause de ce genre de trucs on s’engueule avec tout le monde. Les gars transpirent, se roulent dans la merde et se jettent dedans. Je trouve ça dégueulasse alors j’ai arrêté d’avoir toutes ces conneries. Maintenant c’est repos, je m’occupe de mes tomates de mes framboises et je me fais bouffer mes abricots par ces enfoirés de merles…


Et pour le plaisir



Propos reccueillis par Thaïs Brouck

Manuel de la photo ratée (2)

19 Juil

Notre série de l’été, leçon 2


1) La mise en scène

Oh quelle surprise Monsieur l’agent,
j’étais caché derrière ma poubelle mais vous m’avez débusqué
Vous êtes vraiment un grand professionnel !

(Et puis les tons bleus rappellent la chemise du policier, ça sera du meilleur effet)


2) L’effet inopiné

L’erreur ici est très subtile, ce qui la rend encore plus belle.
dite l’incident du « gros con au 1er rang ».

Une fois repéré, il vole la vedette au plus beau des sourires


3) L’effet « il est 17 heures passées »

Un grand classique.

Le soleil décline, les ombres s’étirent, les photographes fatiguent.

(la rédaction soupçonne le photographe d’avoir aussi été victime de l’effet dit « apéro »)


4) Le point de fuite

Attention à ne pas confondre avec l’effet « où est charly » (leçon 1)
Ici, le sujet est bien identifié : une chorale d’enfants sous un préau d’école.

Le photographe a juste surinterprété le chapitre « point de fuite » des ouvrages d’histoire de l’art.

Nous rappelons donc à nos lecteurs la règle à ne JAMAIS oublier :

En dessinant, on se place à la place de l’observateur et on trace les lignes fuyantes (dites de bout) en direction du ou des points de fuite des éléments du décor. Par convention, en perspective rectiligne linéaire, les lignes non-fuyantes (dites de face) sont dessinées en restant parallèles à elles-mêmes.



5) Les contraintes extérieures

Le photographe n’a pas toujours son mot à dire dans le projet pédagogique des professeurs d’école (catégorie socio-professionnelle difficile à manier)

« Ceux qui n’ont pas mangé tout leur sandwich au pâté resteront au soleil tout l’après-midi ! »

Le photographe, en grand diplomate, doit donc faire au mieux, en conciliant les contraintes extérieures, inhérentes à ce genre de travail.


6) virtuose

Effet point de fuite conjugué à un effet contrejour.

Sublime.


7) Le grand jeu de l’été

Cette photo est techniquement réussie

A vous de trouver ce qui cloche



*** La 1ère leçon pour les retardataires ***