Archive | juillet, 2010

35 heures? Let me LOL

30 Juil

Publié sur Rue 89

Ce soir, pour la première fois depuis une semaine, je rentre chez moi avant que la nuit ne soit tombée. Je m’en suis aperçue quand, par réflexe, j’ai allumé mes phares sur le parking et qu’ils ne m’étaient en fait d’aucune utilité.

Ce soir, pour la première fois de la semaine, je vois mes parents alors que je vis chez eux durant mon séjour en PQR. Mon père ne s’en est pas remis. C’est qu’ils ont du mal à comprendre, eux qui travaillent dans un bureau de 8h30 à 17h30, pourquoi leur fille rentre du travail à 1h du matin en ayant commencé une heure après eux.

« Papa, maman, il faut vous le mettre dans la tête. Je suis (future) journaliste. Les 35 heures? Connais pas. »

Je me souviens qu’au bout de ma deuxième semaines dans la rédaction, j’ai voulu, pour rire (ou pleurer) compter mes heures.

« Hum..35 heures au bout de trois jours. Ok ça c’est fait. 60 heures le vendredi soir. Youpi la semaine prochaine je devrais atteindre la barre fatidique des 80 heures vu que je bosse aussi le weekend! ».

Pas manqué. Je les ai fêtées en réussissant à prendre le dernier train direction Bordeaux. La larme à l’oeil.

Ma responsable, le coeur sur la main, a appelé le siège pour leur demander si, par hasard, elle avait le droit de m’accorder une journée de RTT, au moins dans le mois d’août. Réponse des intéressés : NON, elles sont payées.

Je viens de regarder mon compte. 1037,62 centimes. C’est ma paie du mois de juillet. Soit, on va être gentille on va considérer une moyenne de 60 heures par semaine, 4, 32 € de l’heure.

Et vous savez quoi? Même si le matin je jetterais bien ce foutu portable qui me sers de réveil à travers ma chambre, dès que je pars sur le terrain, que ce soit pour rencontrer le président du club de boules ou pour assister comme aujourd’hui à un concert dès 10 heures du matin, je me dis que je serais presque prête à payer pour pouvoir faire ce métier.

« A cause des piscines on s’engueule avec tout le monde »

30 Juil

En exclusivité pour PQRmonamour, la version non censurée de l’interview de Jacques Dutronc, parue dans Ouest France,  jeudi 29 juillet

Jacques Dutronc, uncensored

Après 17 ans d’absence, Jacques Dutronc foule de nouveau les planches des salles de concert. Il sera ce soir sur la scène de Poupet à Saint-Malo-du-bois. Il s’est confié avec détente et beaucoup d’humour. Entretien.


Pourquoi avoir décidé de reprendre la route en début d’année ?

Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je me suis fait réopérer de la jambe. Passer trois mois dans une chambre à ne rien faire m’a redonné envie de voir du monde. De plus mon fils (Thomas Dutronc N.D.L.R.) me disait qu’à chacun de ses concerts, on lui demandait à quel moment j’allais refaire une tournée. Que tout le monde voulait me voir. Si l’on ajoute à cela le fait que le dernier film d’Alain Corneau (Le deuxième souffle N.D.L.R.) dans lequel je joue, n’a pas du tout marché, je voulais prendre ma revanche. Et puis lorsque l’on fait du cinéma on ne voit pas le public. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de ça. Ce n’est pas un appel de Bernadette Soubirous (Celle qui à qui vu la vierge à Lourdes N.D.L.R.), qui a été le déclencheur en tout cas, mais une accumulation de petites choses.

Après 17 ans d’absence, vous êtes sur le point d’achever ce tour de France et de Navarre. Êtes-vous satisfait de cette tournée ?

Oui vraiment, c’était très positif. Pendant six mois je n’ai rien fumé. Plus la tournée avance et plus je m’accorde un cigare après chaque concert. Et puis un verre de vin, qui d’ailleurs est devenu deux, puis trois verres de vin. J’ai quelques autres dates en septembre et je finis par la fête de l’Huma. Je pense que je vais donner tous les bénéfices de ma tournée au parti avant de me casser [rires]. En tout cas, j’espère faire de meilleurs résultats que l’équipe de France. Nous sommes presque pareils. Eux, ils ont des top-modèles et moi j’ai des potes modèles.

Cela vous a-t-il donné envie de recommencer ?

En tout cas si je faisais quelque chose ce ne serait pas dans 17 ans. Ou alors avec un déambulateur ou en direct du Père Lachaise.
Avant de commencer cette tournée vous excluiiez de faire un nouvel album. Avez-vous changé d’avis ?
Un peu en effet. Le fait de jouer amène d’autres idées. Musicalement parlant j’entends. Mon verbe évolue. Aujourd’hui j’ai deux bonnes idées mais ce n’est pas suffisant. Il faut être correct avec le public. On ne fait pas un album avec deux bonnes chansons, bien que beaucoup d’artistes fassent ça. Moi je ne veux faire que des chansons de première classe.

Vos anciennes chansons sont-elles toujours d’actualité ?

Hélas pour les gens, je crois que oui. Ça me rappelle Tout va très bien Mme le Marquise pendant que les gens galèrent dans leur vie. Et moi et moi, je ne vous en parle même pas. Les Français sont de plus en plus individualistes. Ce sont des idées qui resteront toujours. C’est comme l’amour, enfin, je crois… Je pense que les gens n’ont pas changé. Contrairement à moi, qui ai un peu évolué. Je me sens un peu plus concerné.

Connaissez-vous ce petit festival qu’est Poupet ?

Non, en revanche je préfère les petites dates. Au moins, quand c’est plus intimiste, on joue au ping-pong avec les gens. Il y a beaucoup plus de complicité. Lorsque c’est trop gros comme aux Vieilles Charrues il faut y aller direct. Cela arrive même que les gens n’entendent pas ce que l’on chante et reprennent une autre chanson. Enfin, tant qu’ils chantent l’une des miennes…

Et la Vendée, vous connaissez ?

Je connais le Marais Poitevin, j’ai tourné là-bas pendant près de quatre mois. C’est vraiment très joli comme coin. C’est encore préservé ?

Oui, plus un moins, c’est un parc naturel régional…

Ouais mais le pire c’est que les Anglais achètent tout, ils font chier, les enfoirés. En plus ils louent tout de suite après. Ça ne sert à rien.

Avez-vous toujours la même émotion lorsque le public reprend vos chansons ?

Je ne suis pas blasé. Je trouve que ça fait un peu religieux, on dirait une procession de là ou je suis. En même temps, le public ne connaît pas toutes mes chansons. Je préférerais, cela m’éviterait d’avoir à bosser. [Rires]

Avez-vous le trac avant d’entrer en scène ?

Non ! Je sais que cela fait chier les gens, mais je ne stresse pas. Je dois juste gérer sur scène, c’est tout. À moi de bien porter le costard ! Mais un vieux loup comme moi ne stresse plus…

La chanson dont vous êtes le plus fier ?

L’opportuniste. C’est surtout parce que c’est celle que je préfère chanter. Mais j’aime bien la polémique qu’il y a eu avec La fille du père Noël. Ma chanson est sortie en 1966 et The Jean Genie de David Bowie sortie en 1972. Le fait que les deux chansons se ressemblent énormément m’a fait beaucoup rire.

Quel genre de musique écoutez-vous ?

J’écoute surtout du jazz. Johnny Cash aussi, depuis longtemps. Quant à mes chats ils écoutent Eric Clapton. Une fois, je me souviens que je leur ai mis du rap. Seuls ceux qui sont noirs ont apprécié. [Rires] Ah oui, autre anecdote ! Mes chats sont aussi forts que Paul le Poulpe. Lors du deuxième tour des élections présidentielles, je leur mettais deux gamelles différentes avec la photo de chaque candidats. Ils ont toujours choisi celle du futur gagnant. Je le faisais pour Chirac mais pas pour Sarkozy.

Vous avez l’air de beaucoup aimer vos chats. Combien en avez-vous ?

Je n’en ai plus que 30. En liberté, ils vivent moins longtemps. Mes préférés sont partis mais ils ont des remplaçants. Je n’aime pas tuer les bestioles, j’aime les chats, cela me m’évite de stresser. Sans eux, je serais emmerdé. Mais il ne faut pas croire que je me replie sur les chats comme si je les trouvais plus sympas que les hommes [Rires]. Je préfère boire un coup avec un bon pote. D’ailleurs, les bons potes ça se fait rare ! Je trouve…

Quel est votre plus grand rêve ?

J’aimerais bien faire une grande croisière sur un bateau. Les gens ont l’air d’être toujours au bar. Ca fait vieux con mais j’aime ça.

Cela paraît réalisable comme rêve…

Ouais je sais mais ils vont dire qu’on n’a pas le droit de fumer des cigares. Alors j’imagine bien que si je donne un petit billet j’aurais un passe-droit, mais je veux être comme tout le monde. Alors tant pis, pour moi, pas de croisière. Sinon j’ai eu un bateau, mais c’est comme les piscines. À cause de ce genre de trucs on s’engueule avec tout le monde. Les gars transpirent, se roulent dans la merde et se jettent dedans. Je trouve ça dégueulasse alors j’ai arrêté d’avoir toutes ces conneries. Maintenant c’est repos, je m’occupe de mes tomates de mes framboises et je me fais bouffer mes abricots par ces enfoirés de merles…


Et pour le plaisir



Propos reccueillis par Thaïs Brouck

Fan de… Francis Lalanne

29 Juil

Il est 15 h 30, je suis à la rédaction en train d’écrire un article lorsque je reçois un drôle d’appel.

-Allô Ouest France? Bonjour, pardon de vous déranger, mais j’ai vu que Francis Lalanne était passé dans votre coin récemment.

-Euh…oui, au Casino de Pléneuf Val-André, d’ailleurs il n’y avait pas grand monde (je ris allègrement, toute seule apparemment…)

-Oui…Je vous appelle parce que je suis un  fan de Francis et je collectionne tous les articles parus sur lui, alors je voulais savoir quel jour vous aviez publié votre article sur son concert, pour que je puisse commander le journal à la direction. J’habite dans les Alpes alors je n’ai pas Ouest-France, vous comprenez…

-Mais monsieur, le correspondant n’a fait qu’une petite brève, et je ne me rappelle plus quel jour c’était…

-Ah…(soupir torturé, je sens qu’il va pleurer)

-Bon…je vais voir ce que je peux faire…

Devinez qui a épluché tous les journaux de la semaine, pour retrouver une  brève sans photo sur un concert du bon Francis? J’ai rendu un homme heureux, et j’ai vendu un numéro du journal dans les Alpes, elle est pas belle, la vie?

Yona

Le reportage en mer pour les nuls

24 Juil

Quelques consignes pour ceux qui sont amenés à fréquenter la mer et son milieu d’initiés :

1) Le vocabulaire :

Passe-moi le bout (prononcer boute) = passe moi la corde quand tu veux amarrer.

Avant de commencer un reportage sur la Bisquine, (c’est-à-dire une reproduction des voiliers d’antan en bois qui allaient pêcher la morue), l’équipage informe ses hôtes parés de leur plus beaux gilets de sauvetage :

« A l’appareillage, tout le monde à babord! ».

A l’appa baba quoi ??? Le stagiaire sorti tout droit de la capitale ou de tout autre endroit qui n’est pas en bord de mer est déjà perdu.

 

2) La maîtrise de soi

Ne jamais s’accrocher aux cordages en guise de barrières sur un voilier pour espérer monter ou descendre du bateau de façon équilibrée.

Même avec son sceau en plastique vert entre les jambes, on assure les photos et on tente d’interroger les gens de manière assurée, et souriante (et on ne pense pas aux montées et descentes du mal de mer dans l’oesophage).

3) La prévention

Toujours prévoir une tenue de rechange à la rédaction pour éviter de tremper le fauteuil parce qu’on a les fesses mouillées, parce qu’on a glissé sur le rivage en pierre plein d’algues devant tous les confrères et les gagnants d’une compétition de nage (c’est-à dire des jeunes hommes plein de muscles).

En collaboration avec une autre stagiaire de Strasbourg tout aussi nulle.